Si à la base, la création d’actions vise à intéresser des investisseurs à une entreprise, il apparaît que dans les faits, les choses sont bien différentes. L’actionnaire ne possède pas forcément le profil souhaité et n’a pas forcément de liens avec l’entreprise. La finance actionnariale met également en péril l’équilibre de l’entreprise.

Salariés contre actionnaires

Le système des actions d’une entreprise a pour conséquence une distribution inégale des bénéfices. Alors que les salariés s’investissent chaque jour pour le développement de leur entreprisse, la plus grande part des bénéfices ira pourtant aux actionnaires. Composés le plus souvent de gestionnaires de fonds qui ont une connaissance très faible de l’entreprise. Ils n’ont pas non plus de préoccupations sur l’avenir de l’entreprise à long terme. Ils ont simplement saisi une opportunité de faire de bons investissements.

Entre dividendes et valeurs ajoutées, il semble difficile de trouver le bon équilibre. Les entreprises vont souvent se justifier en expliquant que les bénéfices sont versés depuis 25 ans en majorité aux salariés. A hauteur de 58%, les entreprises estiment que les salariés sont bien assez rétribués. Pourtant, 42% en dividendes est la preuve que les actionnaires pèsent de façon trop importante sur les finances de l’entreprise.

Une compression des salaires

réunion d'actionnaires

Dans les faits, la totalité de la valeur ajoutée n’est pas répercutée sur les salaires. Seules quelques primes sont accordées par les entreprises. Depuis la mise en place de la finance actionnariale, les salaires subissent donc une certaine compression et ne peuvent pas évoluer à la hauteur de l’effort du personnel.

La France possède un triste record dans le monde et en Europe du pays qui rémunère le mieux ses actionnaires. Pour pouvoir y parvenir, les salariés sont bien souvent mis de côté. Les profits n’augmentant pas pour les entreprises ces dernières années mais restant stables, le déséquilibre entre salariés et actionnaires perdure.

Vers une meilleure redistribution ?

Pour augmenter la part d’intéressement des salariés, la baisse du forfait social est indispensable. Cette taxe sur l’intéressement ne devrait pas être aussi forte. Introduite en 2009, elle est vite passée de 2 à 4% pour finalement monter à 9% et atteindre un seuil trop important de 20% à l’heure actuelle. Pour une meilleure répartition des richesses, cette taxe doit être revue à la baisse ou même être supprimée.

A contrario, la baisse de la taxation sur les revenus financiers va dans le sens des actionnaires. Pour retrouver un certain équilibre, il faudrait que le gouvernement soit disposé à revoir sa copie. Dans l’optique du CICE, il ne semble pas qu’au niveau économique les choses soient prêtes à changer. La motivation des salariés devrait donc être davantage touchée dans le futur.